Textile : un programme pilote de l’IFC ouvre la voie au recyclage à grande échelle au Maroc

Le recyclage des déchets textiles : un levier pour créer des emplois, attirer les investissements et renforcer la compétitivité au Maroc

Le programme pilote de la Société financière internationale (IFC) du Groupe de la Banque mondiale démontre la faisabilité de cette approche ; la prochaine étape consiste à la déployer à plus grande échelle grâce à des réformes et à des investissements

Communiqué

Rabat, Maroc, 9 juin 2026 — Les essais pilotes menés dans le cadre du programme « Morocco Textile Circularity », dirigé par Société financière internationale (IFC) (du Groupe de la Banque mondiale montrent que le recyclage des déchets textiles au Maroc est techniquement viable et commercialement faisable – et que sa mise à l’échelle pourrait attirer 1,9 milliard de dollars d’investissements privés supplémentaires et générer plus de 30 000 emplois, selon le Diagnostic du secteur privé du Groupe de la Banque mondiale pour le Maroc.

Le programme pilote a plus que doublé les objectifs initiaux : 427 tonnes métriques de chutes textiles ont été transformées en nouveaux matériaux destinés à la transformation, et 2 400 tonnes supplémentaires ont été destinées au recyclage. Les tissus à teneur recyclée ont satisfait aux critères de qualité commerciale standard sur l’ensemble des paramètres testés et peuvent réintégrer la chaîne d’approvisionnement sans compromettre ni la performance ni la qualité. Une analyse du cycle de vie a par ailleurs établi que l’utilisation de matériaux recyclés peut réduire les émissions de carbone d’environ 18 % et la consommation d’eau de plus de 60 % par rapport aux procédés de production conventionnels.

Une part importante des retombées économiques profiterait aux travailleurs qui sont à la base de la chaîne de valeur. Plus de 80 % des collecteurs de déchets textiles au Maroc exercent actuellement dans le secteur informel. Une étude menée dans le cadre du programme a révélé que jusqu’à 75 % de ces collecteurs pourraient passer au secteur formel d’ici cinq ans s’ils bénéficiaient d’un soutien institutionnel adapté, ce qui permettrait de créer une base plus stable pour l’économie circulaire et d’offrir une nouvelle sécurité économique à certains des travailleurs les plus vulnérables du Maroc.

« Le développement de la circularité textile au Maroc permettra de créer des dizaines de milliers d’emplois et de bâtir une industrie compétitive à l’échelle mondiale », a déclaré David Tinel, Représentant régional  d’IFC pour le Maghreb. « Les preuves sont là. Ce développement place désormais le Maroc à l’avant- garde de la transformation durable pour les marchés mondiaux. »

Pour exploiter pleinement ce potentiel, des mesures politiques ciblées s’imposent. Les recommandations du programme préconisent de reclasser les chutes d’usine en tant que sous-produits industriels plutôt que comme déchets ; de réformer les règles douanières afin de permettre aux marques de transférer la propriété légale de ces matériaux aux fabricants locaux ; de mettre en place une plateforme nationale de traçabilité pour répondre aux futures exigences de l’Union européenne en matière de passeport numérique des produits ; et d’investir dans les capacités nationales de filature afin que les fibres recyclées n’aient plus besoin d’être exportées pour être transformées avant de pouvoir être réutilisées localement.

La circularité du secteur textile est d’actualité, car les acheteurs mondiaux – en particulier dans l’Union européenne (UE), qui absorbe 93 % des exportations textiles du Maroc – renforcent leurs exigences en matière de durabilité, de traçabilité et de contenu recyclé. Le passeport numérique des produits de l’UE entrera en vigueur en 2027, et des systèmes obligatoires de responsabilité élargie des producteurs pour les textiles devraient être mis en place dans tous les États membres d’ici là.

Le programme « Morocco Textile Circularity » a réuni le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition énergétique et du Développement Durable, l’Administration des Douanes, l’AMDIE, l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH), des marques internationales, des usines, des collecteurs et des recycleurs – constituant ainsi la première plateforme multipartite structurée de ce type dans le secteur textile. Il témoigne du partenariat de plus de 65 ans entre le Groupe de la Banque mondiale et le Maroc : il s’agit de relier les réformes macroéconomiques aux investissements du secteur privé et de traduire les ambitions politiques en une croissance qui profite à tous les Marocains.

À propos d’IFC

La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, est la principale institution de développement à l’échelle mondiale axée sur le secteur privé dans les marchés émergents.

Nous intervenons dans plus de 100 pays, en utilisant notre capital, notre expertise et notre influence pour créer des marchés et des opportunités dans les pays en développement. Au cours de l’exercice 2025, l’IFC a engagé un montant record de 71,7 milliards de dollars en faveur d’entreprises privées et d’institutions financières dans les pays en développement, en tirant parti des solutions du secteur privé et en mobilisant des capitaux privés pour créer un monde sans pauvreté sur une planète viable. Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.ifc.org.

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