Agriculture durable : Le partenariat BCP–CMGP–IFC salué par la Banque mondiale

  

Un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale pointe la nécessité de rééquilibrer l’usage de l’eau à l’échelle du système alimentaire mondial pour pouvoir nourrir durablement les générations futures, avec, à la clé, la création de 245 millions d’emplois de long terme, dont une grande partie en Afrique subsaharienne.

Intitulé Nourish and Flourish: Water Solutions to Feed 10 Billion People on a Livable Planet (« Nourrir et prospérer : des solutions hydriques pour nourrir 10 milliards de personnes sur une planète vivable »), le rapport constate que les pratiques actuelles de gestion de l’eau en agriculture sont marquées par une surexploitation de la ressource dans certains pays et, à l’inverse, par une sous-utilisation dans d’autres. Ces pratiques ne permettent de soutenir durablement la production alimentaire que pour moins de la moitié de la population mondiale actuelle, alors que la planète devra nourrir 10 milliards d’habitants en 2050. Pour satisfaire durablement ces besoins, il sera essentiel de s’attaquer à la fois à la surconsommation qui épuise les ressources dans les régions en stress hydrique et à la sous-utilisation qui, dans les régions riches en eau, laisse inexploitées des ressources et des capacités de production disponibles.

Dans ce contexte, le rapport met en avant des solutions concrètes pour améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et mobiliser les financements nécessaires à la transformation des systèmes agricoles. Il souligne notamment le rôle déterminant du secteur privé et des mécanismes financiers innovants pour soutenir l’adoption de technologies économes en eau.

À cet égard, le document cite le cas du Maroc, où une facilité de partage des risques (risk-sharing facility) a été mise en place pour encourager les agriculteurs et les PME agro-alimentaires à s’équiper de systèmes d’irrigation économes en énergie et fonctionnant à l’énergie solaire. Ce mécanisme repose sur un partenariat entre la Banque Centrale Populaire, la Compagnie Marocaine de Goutte-à-Goutte et de Pompage (CMGP) et la Société financière internationale (IFC). Dans ce cadre, la BCP accorde des financements aux agriculteurs ainsi qu’aux micro et petites entreprises du réseau de distribution de la CMGP, afin de soutenir le déploiement de systèmes de micro-irrigation et d’équipements solaires.

Les nouveaux systèmes permettront d’économiser de l’eau et remplaceront les systèmes fonctionnant au carburant, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

Le mécanisme de partage des risques d’IFC permet d’atténuer les risques encourus par la BCP et entend soutenir l’essor des prêts consentis au secteur agricole marocain, qui a besoin d’un soutien financier accru pour améliorer sa production, atténuer les risques liés au changement climatique et s’y adapter.

IFC fournit également des services-conseils aux distributeurs de la CMGP afin d’améliorer leurs capacités de gestion et de distribution

Selon le rapport, près de 30.000 agriculteurs devraient bénéficier de ces équipements d’ici 2027, illustrant le potentiel de ce type de dispositif pour accompagner la transition vers une agriculture plus durable.

Plus largement, la Banque mondiale souligne que la transformation des systèmes agricoles passera par une meilleure articulation entre investissements publics, réformes réglementaires et mobilisation de capitaux privés, afin de renforcer la sécurité hydrique et alimentaire à l’échelle mondiale.

Pour plus d’informations :

https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2026/03/19/smarter-water-use-could-feed-10-billion-and-create-nearly-250-million-jobs

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