La BEI accorde 300M€ à ADM pour renforcer la résilience climatique du réseau autoroutier

La Banque européenne d’investissement (BEI) a signé, récemment, un prêt-cadre de 300 millions d’euros en faveur de la Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM), destiné à financer un vaste programme d’investissement pour la résilience du réseau autoroutier national face aux effets du changement climatique.


Ce financement s’inscrit dans le cadre du programme d’investissement d’ADM couvrant la période 2025-2034. Il bénéficie des garanties de l’Union européenne au titre du mécanisme EFSD+ (Fonds européen pour le développement durable), dans le cadre de l’instrument IVCDCI – Europe dans le monde.

1 200 km d’autoroutes à moderniser

Le programme prévoit la mise à niveau de 1 200 kilomètres d’autoroutes, soit environ les deux tiers du réseau national géré par ADM, lequel s’étend sur 1 800 km et relie plusieurs régions stratégiques du Royaume : Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, l’Oriental, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa.

Les travaux, prévus au rythme de 6 à 10 chantiers de réhabilitation par an, porteront principalement sur la remise à niveau des structures de chaussée, la réhabilitation et le renforcement des systèmes de drainage, la stabilisation des talus, ainsi que le traitement des surfaces routières contre les effets des températures extrêmes. Des solutions fondées sur la nature — notamment la plantation d’espèces locales pour lutter contre l’érosion des pentes, dans le cadre du programme « Al Ard » d’ADM — seront également déployées.

Un réseau vital pour la continuité économique et l’aide d’urgence

L’enjeu de ce programme dépasse la seule infrastructure routière. Lors des dernières crues et du séisme de septembre 2023, le réseau autoroutier marocain a démontré son caractère essentiel à la fourniture de secours d’urgence aux populations sinistrées. Sa résilience conditionne ainsi directement celle de l’ensemble de l’économie nationale lors des événements extrêmes.

Face à la hausse des températures et à l’évolution des régimes de précipitations, ADM a engagé plusieurs études pour adapter ses standards techniques. Les données issues des crues de 2008-2010 ont déjà permis de relever les niveaux de conception des ouvrages. Des études spécifiques sur l’impact des températures extrêmes sur le vieillissement de l’enrobé bitumineux sont en cours.

Un appui technique international via le Global Center on Adaptation

Dans le cadre de ce prêt, la BEI a facilité la mobilisation du Global Center on Adaptation (GCA) pour conduire une évaluation détaillée des risques climatiques et de la vulnérabilité (CRVA) du réseau d’ADM. Le GCA apportera également une assistance technique ciblée afin de renforcer la capacité d’ADM à intégrer systématiquement les risques climatiques dans la conception de ses projets.

Des retombées économiques et sociales attendues

Au-delà de la résilience climatique, ce programme est porteur d’effets structurants pour le développement du pays. En améliorant la fiabilité de l’accès aux marchés et aux services publics, il est de nature à stimuler le développement du secteur privé, à favoriser les échanges commerciaux, à renforcer l’intégration régionale et à réduire les disparités territoriales.

Sur le plan social, ADM s’est engagée, en lien avec la BEI, à promouvoir l’emploi des femmes dans le secteur de la construction — un secteur où leur représentation au Maroc demeure très faible, à seulement 0,3 % de la main-d’œuvre féminine employée.


Ce projet illustre le rôle de la BEI en tant que banque du climat de l’Union européenne, au service du financement de l’adaptation climatique bien au-delà des frontières européennes, dans le cadre de son partenariat stratégique avec le Maroc.

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