Risques climatiques : Bank Al-Maghrib et la BERD clôturent un programme de renforcement des capacités des banques

Bank Al-Maghrib (BAM) et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) ont marqué, ce mardi à Casablanca, la clôture de leur partenariat-programme dédié au renforcement des capacités du secteur bancaire marocain en matière de gestion des risques climatiques.

Prenant la parole lors de cet événement de haut niveau, M. Bouazza Abderrahim, Directeur Général de Bank Al-Maghrib, a salué l’engagement de la BERD et de son Directeur pour le Maroc, M. Haytham Eissa, tout en saluant la présence des représentants d’autres partenaires de premier plan : la BEI, la SFI, la BAD et Proparco, ainsi que les dirigeants des établissements de crédit ayant participé au programme.

Un programme lancé en 2022

Initié en 2022, ce programme de formation a couvert plusieurs modules portant sur la gestion des risques climatiques et la transition climatique. Sa mise en œuvre a été assurée par des experts de Frankfurt School et de RINA Consulting, que le Directeur Général a tenu à remercier pour la qualité de leurs interventions. La conférence de clôture avait pour objectif de dresser le bilan des acquis, d’évaluer les progrès réalisés et d’identifier les besoins à couvrir dans les prochaines étapes du partenariat.

Un contexte d’imprévisibilité croissante

M. Bouazza Abderrahim a souligné que la régulation des risques climatiques, le renforcement des capacités et la coopération internationale constituent des piliers essentiels de toute stratégie de finance verte — d’autant plus dans un environnement marqué par le dérèglement climatique, les tensions géopolitiques et une forte volatilité réglementaire.

Dans ce contexte, il a rappelé le rôle central de Bank Al-Maghrib en tant que banque centrale et autorité de supervision : veiller à ce que les banques intègrent progressivement les risques climatiques dans leur gouvernance et leur gestion des risques, dans le cadre réglementaire mis en place à cet effet.

Des banques conscientes des enjeux, mais face à des obstacles réels

Le Directeur Général a noté que la gestion du risque climatique est désormais reconnue par les banques comme un enjeu à la fois prudentiel et économique. Ces dernières sont conscientes que l’absence d’un cadre méthodologique d’évaluation des risques climatiques pourrait les exposer à des pertes importantes sur leurs actifs. Il a toutefois appelé les banques à aller au-delà de la seule conformité réglementaire, en accompagnant activement les entreprises — notamment les plus exposées — dans la compréhension des risques climatiques et l’adaptation de leurs modèles d’affaires.

Il a également pointé un obstacle structurel persistant : l’absence d’une taxonomie et d’un cadre réglementaire spécifiques aux entreprises, qui freinent la collecte de données fiables sur leurs expositions climatiques.

Des chantiers en cours, avec l’appui de partenaires internationaux

Pour faire face à ces défis, plusieurs travaux sont en cours, bénéficiant de l’assistance technique de la Banque Mondiale et de la BEI, en complément de la coopération avec la BERD. Ces efforts visent à faire avancer la feuille de route réglementaire nationale et à renforcer les outils méthodologiques, notamment la taxonomie verte et la boîte à outils pour la supervision des risques climatiques.

Les banques, de leur côté, sont appelées à développer leurs capacités internes afin d’intégrer les risques climatiques dans leurs décisions et de saisir les opportunités offertes par la transition.

Enfin, M. Bouazza Abderrahim a mis en avant la stratégie nationale de finance climat à horizon 2030 comme cadre de dialogue entre ministères, régulateurs et acteurs du marché, pour orienter l’économie vers des projets décarbonisés et renforcer la cohérence des référentiels climatiques.

Source : Allocution du Directeur Général lors de la conférence de clôture du programme de transition climatique

https://www.bkam.ma/Discours/2026/Allocution-de-monsieur-le-directeur-general-lors-de-la-conference-de-cloture-du-programme-de-transition-climatique

Article précédentEconomie circulaire: Casablanca devient le 3è centre mondial de démantèlement de véhicules de Stellantis
Article suivantLancement d’un Centre d’Excellence dédié à l’hydrogène propre à l’EHTP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici