TAQA Morocco et Nareva prévoient plusieurs projets de sociétés communes dans l’énergie et l’eau

Rabat, 5 mars 2026

Le Conseil de la Concurrence a rendu publics, le 5 mars 2026, trois communiqués relatifs à des projets de concentration économique impliquant les sociétés Nareva Holding et TAQA Morocco. Ces projets, qui n’ont pas encore fait l’objet d’une décision du Conseil, portent sur la création de plusieurs entreprises communes couvrant la production d’énergies renouvelables, le transport d’électricité, le dessalement de l’eau de mer, le transport d’eau, ainsi que la production d’électricité à partir du gaz naturel.

Deux acteurs majeurs de l’énergie marocaine

Les deux groupes à l’origine de ces projets de partenariat sont des acteurs de premier plan du secteur énergétique marocain.

TAQA Morocco est aujourd’hui le premier producteur privé d’électricité au Maroc, avec six unités de production représentant une capacité totale de 2 056 MW en 2024.

Nareva, lui, est un acteur de référence dans la production électrique et la gestion de l’eau, elle opère des parcs éoliens, des centrales thermiques ainsi que des unités industrielles d’irrigation et de dessalement.

Dans chacune des entreprises communes envisagées, les deux sociétés détiendraient, à parts égales, un minimum de 85 % du capital — soit 42,5 % chacune.

Trois projets de concentration notifiés, trois axes stratégiques

1. Renouvelables et électricité : un projet de ligne HVDC de 3 000 MW vers le centre du Royaume

La première opération notifiée porte sur la création projetée d’une entreprise commune baptisée JV HVDC, ainsi que d’une ou plusieurs JV Énergie Renouvelable.

La JV HVDC aurait pour mission le développement, la conception, le financement, la construction et la mise en service d’une nouvelle infrastructure de transport d’électricité d’une capacité d’environ 3 000 MW, reposant sur la technologie du courant continu haute tension (HVDC). Cette ligne relierait le sud au centre du Royaume, et serait mise à disposition de l’ONEE.

En parallèle, la ou les JV Énergie Renouvelable seraient dédiées au développement et à l’exploitation de projets de production d’énergie renouvelable d’une capacité installée totale de 1 200 MW, dans le cadre de contrats de fourniture d’énergie électrique conclus avec l’ONEE — et, le cas échéant, avec toute entité publique désignée à cet effet.

2. Dessalement et eau : un projet intégré pour répondre au stress hydrique

La deuxième opération notifiée couvre un ensemble de projets directement liés à la problématique du stress hydrique. Elle prévoit la création de trois catégories d’entreprises communes :

  • Des JV Énergie Renouvelable dont l’électricité produite serait exclusivement destinée à alimenter les usines de dessalement ;
  • Des JV Dessalement, chargées du développement et de l’exploitation d’usines de dessalement dans les régions de l’Oriental, Souss-Massa, Tanger, Tan-Tan et Guelmim ;
  • Des JV Transport de l’Eau, qui auraient pour objet le développement et l’exploitation d’infrastructures de transfert d’eau, comprenant la tranche complémentaire entre le barrage Garde Sebou et le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, ainsi que la liaison entre ce dernier et le barrage Al Massira.

3. Tahaddart : prise de contrôle envisagée et projet de nouvelle centrale à cycle combiné

La troisième opération est de nature différente : elle porte à la fois sur un projet de prise de contrôle conjoint d’une société existante et sur la création d’une nouvelle entreprise commune.

Nareva Holding et TAQA Morocco envisagent d’acquérir conjointement au moins 85 % du capital et des droits de vote de la société Énergie Électrique de Tahaddart, à parts égales. Cette société, créée en 2002 et dont le siège social est établi à Tanger, est actuellement chargée de l’exploitation, de la maintenance et des travaux de réhabilitation de la centrale à cycle combiné de Tahaddart, d’une puissance installée de 400 MW.

En complément, les deux partenaires prévoient de créer une entreprise commune, la JV Tahaddart 2 & 3, qui serait chargée du développement, du financement, de la construction, de l’exploitation et de la maintenance d’une nouvelle centrale à cycle combiné adjacente à la centrale existante. Composée de deux unités, cette nouvelle infrastructure disposerait d’une capacité installée totale comprise entre 1 000 et 1 400 MW. Ce projet s’inscrit dans une stratégie de développement de capacités de production flexibles et bas carbone, alimentées au gaz naturel.

Procédure : le Conseil de la Concurrence n’a pas encore statué

Conformément aux dispositions de l’article 13 de la loi n° 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, et de l’article 10 du décret n° 2-14-652 pris pour son application, le Conseil de la Concurrence a ouvert une période d’observation de dix jours à compter de la date de publication des communiqués, soit jusqu’au 16 mars 2026, durant laquelle les tiers intéressés sont invités à faire connaître leurs observations.

À ce stade, le Conseil de la Concurrence n’a rendu aucune décision sur ces opérations. La publication de ces communiqués ne préjuge ni de la complétude des dossiers déposés, ni de la position définitive de l’institution sur les projets de concentration envisagés.

Par ailleurs, le Conseil rappelle que les informations publiées dans ces communiqués ont été fournies par les parties notifiantes elles-mêmes, qui en sont seules responsables.

Pour plus d’informations :

https://conseil-concurrence.ma/category/communiques

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